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S'il y a un sujet délicat à aborder dans notre société, c'est bien celui-là...


N'ayons pas peur des mots, pour nous la cuisine est un art, et bien plus encore car nous avons réussi à faire inscrire la gastronomie à la française au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO! 

C'est dire si l'on touche au sacré ici, presque au religieux même...  

Nos cuisiniers se font appeler "chef" et les meilleurs d'entre eux se voient décerner des étoiles.

 

La cuisine fait partie de notre identité personnelle, de notre patrimoine, de notre culture, de notre éducation et pas seulement en France d'ailleurs.

Nous avons (presque) tous quelques soient nos origines de précieux souvenirs de repas préparés pour les fêtes familiales, traditionnelles, ou même religieuses.

Ou tout au moins avons nous tous en mémoire une grand-mère, un parent, ou un ami dont un repas nous a laissé un souvenir impérissable. 

Qu'ils soient familiaux, amicaux ou professionnels tout les grands moments de notre vie sont célébrés autour d'une table.

Manger pour nous est un moment d'échange et de partage, de communion avec les autres.


Alors loin de moi l'idée d'aller vous chatouiller sur vos valeurs identitaires culinaires pour lesquelles j'ai le plus grand respect et pour tout vous dire, je partage aussi ces moments avec un immense plaisir. 


En revanche, il me semble important de prendre conscience de la réalité.


Nous mangeons (en moyenne) 3 fois par jour, 365 jours par an, soit 1095 repas par an!!! sans compter ce que nous mangeons entre les repas...

Alors ce ne sont pas les excès des 10, 20 ou même 52 (1 par semaine pour les plus gourmands) repas d'exception qui sont importants à mes yeux, mais plutôt la composition des 1000 autres repas!

Car ce sont eux qui font notre réalité quotidienne, et elle est souvent loin de mériter un classement à l'UNESCO...


Il faut dire qu'il y a de quoi être perdu...


Nous sommes submergés de toutes parts d'informations nous vantant les bienfaits et la nécessité pour notre corps de manger au cour d'une même journée 5 fruits et légumes, 3 produits laitiers, des céréales au petit déjeuner, des féculents pour l'énergie au déjeuner ou au diner, des protéines sous forme de viande, de poisson ou d'oeufs...

Ne surtout pas "sauter" de repas car il parait que cela fait grossir?!

Ne pas manger entre les repas parce que ça aussi...

Ne pas manger trop gras, ni trop sucré, ni trop salé, ni trop ceci, ni trop cela...


Comment s'y retrouver aujourd'hui?

Comment savoir ce que nous pouvons manger quand on entend ici et là que les fruits et légumes sont remplis de pesticides, les viandes d'antibiotiques, les poissons de mercure et de plomb?


C'est bien simple, se nourrir est devenu si compliqué que chacun fait ce qu'il peut pour composer ses repas au rythme de ses contraintes de temps et d'argent, de ses goûts, et de ce qu'il croit être le mieux dans cette jungle qu'est devenue notre alimentation.   


Bon, le problème c'est que le résultat n'est pas brillant et c'est le moins que l'on puisse dire...


Grâce à tous ces merveilleux conseils prodigués par les éminents spécialistes de l'alimentation depuis 2014, selon l'OCDE (Organisation De la Coopération Économique et Sociale) en France:


   . 45,5% de la population adulte est en surpoids (obèses compris)

   . 15% des enfants sont en surpoids (obèses compris) 


Plus de la moitié de la population française est en surpoids selon un article du monde en date du 25.10.2016! Les chiffres ne cesse d'augmenter...

Génial!

Mais pas de panique, ces chiffres sont meilleurs que chez la plupart de nos voisins européens et même mondiaux!  (la belle jambe...)

 

 

 

 

 

 

Mais où est la solution alors?


Dans le dernier régime à la mode qui coûte une fortune en produits de toutes sorte élaborés par un industriel de l'agro-alimentaire?


Dans la "pilule miracle" contenant un principe actif merveilleux tout juste découvert par la recherche de l'industrie pharmaceutique dont le moindre des inconvénient est d'être hors de prix et le pire d'engendrer des effets secondaires catastrophiques?


Dans la dernière crème amincissante issue de la recherche "dernier cri" de l'industrie cosmétique qui vous promet 3 cm de tour de taille en moins en 1 mois?


Ou pire peut-être... En éduquant le palais de nos enfants, au sein même de l'école avec "la semaine du goût" organisée par l'industrie du sucre (le CEDUS) et financée par Nestlé, Orangina ou encore Ferrero (nutella)????!!!   


Ils sont sérieux là???!!! 


Nous marchons quand même un peu sur la tête non?


Et si contrairement à ce que l'on veut nous faire croire (ou acheter) "manger" n'a jamais été aussi simple, car enfin, nous avons tout à disposition. 

Et s'il suffisait en réalité de quelques réponses de bon sens à quelques questions simples, d'un peu d'histoire de l'humanité et d'anatomie pour que l'on ne puisse plus nous faire avaler n'importe quoi... 

 

 

 

 

 

 

On essaye?

Première question: c'est quoi un être humain?


Réponse: un être humain dont le nom scientifique aujourd'hui est homosapiens est un mammifère appartenant l'ordre des primates, de la famille des hominidés (comme les chimpanzés, les        

bonobos, les gorilles ou les orangs-outans) et du genre "Homo".


Ce qui signifie que nous appartenons à la même famille que les bonobos, chimpanzés, les orang-outang etc... qui sont nos cousins éloignés.

Nous avions donc un ancêtre commun, mais il y a environ 6 millions d'années, nous nous sommes différentiés et le genre "homo" est apparu.

Nous sommes originaires d'Afrique tropicale berceau de l'humanité, et c'est de là, qu'il y a 2 millions d'années nous avons commencé à peupler la terre.

L'espèce s'est développée avec une quinzaine d'évolutions jusqu'à l'apparition d'homosapiens (l'homme moderne) il y a environ 300.000 ans, seul représentant du genre Homo aujourd'hui.


Deuxième question: Il mange quoi l'être humain?


Le bon-sens voudrait alors, que l'on s'interroge sur ce que mangent les membres de notre famille juste par curiosité...

Eh bien nos chers cousins ont pour la plupart un régime composé majoritairement de végétaux mais aussi de produits et sous produits animaux (insectes, lézards, écureuils, miel, des oeufs et même du poisson car certains singes ont des techniques de pêche)  

Ils sont donc omnivores à majorité végétale... (Et vous noterez que je n'ai pas dit végétarien...)


Anatomiquement, notre tube digestif est très semblable à celui des autres primates hominidés et en tout cas bien plus que de celui d'un carnivore, d'un herbivore et même d'autres omnivores que sont les cochons, les sangliers ou les ours... 


Il est donc raisonnable de penser que l'alimentation biologique humaine est proche de celle de nos cousins et que par voie de conséquence, favoriser les végétaux n'est pas absurde... 


La maitrise du feu, il y a environ 2 millions d'années selon les dernières découvertes, a permis à nos ancêtres grâce à la cuisson de faciliter la digestion des fibres et d'élargir notre régime alimentaire aux aliments riches en amidon que nous ne pouvions pas digérer avant comme les céréales (blé, riz, maïs...), les féculents (pomme de terre, igname, patate douce, manioc, châtaigne...), et les légumineuses (pois, fèves, lentilles, haricots) 


Ces nouveaux aliments ont surtout permis à l'être humain de s'adapter aux climats moins favorables que les tropiques et survivre aux saisons durant lesquelles les fruits et les légumes étaient absents. 

Mais, ce sont avant tout des aliments de tolérance à privilégier lors des saisons froides, quand nous avons besoin que les aliments nous apportent de la chaleur grâce à la digestion et à diminuer en été. 


Nous n'avons pas entièrement perdu notre instinct car il est assez rare que lorsqu'il fait 40°C nous rêvions d'un cassoulet...

 

Le régime biologique (c'est à dire naturel) humain dépend du facteur climatique, mais aussi aujourd'hui de notre activité car il semble évident que les besoins seront différents selon que l'on travaille physiquement dehors par une température négative ou sur un ordinateur dans un bureau bien chauffé. 


Une proportion de 80% de fruits et légumes pour 20% de produits et sous produits animaux (oeufs, viandes, poissons, coquillages, fromages) avec quelques ajustements en fonction de l'activité et du climat sont suffisants pour couvrir l'ensemble de nos besoins. 


 

 

 

 

 

 

 

Bon, on sait au moins qu'il nous faut bien plus que 5 fruits et légumes par jour et qu'il n'est donc absolument pas indispensable de manger de la viande ou du poisson tous les jours sauf pour leurs producteurs bien entendu...


Pourtant, en bons élèves que nous sommes, nous avons bien appris notre leçon, et quand quelqu'un nous demande:

"Où trouve-t-on les protéines?"

Nous répondons tous en choeur: "dans la viande et le poisson!" 


Sauf que, ce que les spécialistes ont oubliés de nous préciser, c'est que les céréales (pâtes, farines, blé, riz...) en contiennent aussi 10%, les légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches) 20%, les laitages (lait, yaourt...) 10%, les fromages 20%, les oeufs 15% etc... 


Résultat, sans le savoir, dans une journée nous mangeons pratiquement 2 fois plus de protéines que les AJR (Apports Journaliers Recommandés) qui sont déjà eux-mêmes largement surestimés pour la plupart d'entre nous...  


Et comme nous ne sommes pas des carnivores, nos reins sont beaucoup plus faibles que les leurs et ils s'épuisent à éliminer les toxines issues des protéines (acide urique, urée...)


Une autre question interessante à se poser est celle de la présence du lait dans notre alimentation.


D'où nous vient cette pratique curieuse?


Vous êtes-vous déjà fait la réflexion suivante?


L'Homme est le seul animal sur Terre, à consommer du lait après sevrage c'est à dire pour nous vers 2 ans tout au plus.

Mais il fait mieux que ça l'Homme, il consomme le lait d'une autre espèce animale (en majorité celui d'un herbivore, la vache...)

Même le taureau ne le fait pas...

Il ne me semble pas avoir jamais vu (même sur you tube) un taureau dans un pré avec un bol de lait, ou retourner au pis de la vache...


Alors d'où nous vient cette pratique???!!!


L'Homme à découvert l'agriculture il y a environ 12.000 ans et l'élevage il y a environ 10.000 ans... soit 8.000 ans av. J.C...

    

Pourquoi est-ce que je souligne cela?

Simplement pour faire la réflexion suivante, le genre homo existe depuis 8 millions d'années, homosapiens son seul représentant aujourd'hui depuis 300.000 ans et le début de la consommation du lait... 10.000 ans... Et encore pas partout...  


Quand j'entend des spécialistes de l'alimentation déclarer que les produits laitiers sont indispensables et qu'il faut en consommer tous les jours pour remplir nos besoins en calcium, bien grandir et fortifier notre squelette, 2 questions me viennent...


La première c'est:


"Les hommes d'avant le lait, étaient-ils mous du genou? Enfin je veux dire du squelette?"


A en juger par la stature de cro-magnon (il y a 30.000 ans) 180 cm en moyenne, taillé dans une armoire à glace, ou de celle de l'homme de Néandertal, je n'en ai pas l'impression...


Et la deuxième question...


"Travaillez-vous pour l'industrie laitière????!!!!"



C'est une chose de dire que les produits laitiers ont été nécessaires et même sûrement indispensables à notre survie pendant les périodes de famines engendrées par une ou plusieurs années de mauvaises récoltes ou encore pour passer la rudesse et la longueur de certains hivers.


C'en est une autre de faire croire aux gens qu'ils sont indispensables à l'équilibre alimentaire journalier en constituant la principale source de calcium de notre alimentation alors que la réalité de notre histoire nous indique que ce n'est pas le cas...


Je ne renie pas ma part d'origine normande et je ne boude pas mon plaisir (culturel) devant un beau plateau de fromages à l'occasion, mais la réalité des produits laitiers est celle-ci:


   . ce sont des aliments de survie avant tout

   . ils sont un patrimoine culturel (surtout chez nous!) que l'on peut consommer occasionnellement 

    pour notre plaisir...

   . Ils ne doivent pas dépasser 5% de notre alimentation totale.
  
Cela dit, le lait et les yaourts posent plus de problème à notre organisme que les fromages.

Plusieurs raisons à cela, et la première est qu'après  le sevrage (vers 2 ans) nous nous produisons pratiquement plus l'enzyme (la lactase) nécessaire à la digestion du sucre du lait: le lactose
Malgré 8000 ans d'utilisation du lait, seuls 15% de la population mondiale se serait adaptés et produirait à l'âge adulte un taux suffisant d'enzyme pour digérer le lait.

Pour le yaourt, le problème est le même parce qu'il contient encore trop de lactose malgré la transformation bactérienne.
Seuls les fromages (mais pas tous) subissent une transformation bactérienne réduisant suffisamment le lactose pour être digestes.
 
Et si vous ne pouvez vraiment pas vous passer de lait, prenez au moins la peine de le faire bouillir pour déstructurer les facteurs de croissance (hormones) destinés au petit veau (et vraiment pas adaptés à notre organisme), car le passage à Ultra Haute Température (lait UHT) c'est à dire 140°C pendant 3 à 4 secondes, détruit parfaitement les microbes, mais est insuffisant pour déstructurer ces hormones.

Bref, j'imagine que ça ne vous arrange pas vraiment de savoir tout ça étant donné que vous venez de perdre une bonne partie de la viande et des laitages et que vous vous demandez ce qu'il vous reste.

Le problème est moins de savoir ce que vous devez supprimer, que ce que vous devez privilégier...
Déjà, la prise de conscience est importante...
Nous sommes fait pour manger une large majorité de fruits et de légumes, céréales et légumineuses comprises car elles sont indispensables sous notre climat tempéré.
Ensuite, on ajoute à sa ration des éléments progressifs qui vont dans le bon sens, cela diminuera forcément les autres éléments.

La plus grande révolution de ces 50 dernières années n'est pas l'informatique, mais la modification de notre alimentation, et nous nous éloignons chaque année un peu plus de notre régime biologique.
Nous consommons en moyenne:
   . 2 fois plus de viande qu'en 1950: 85kg/an/habitant aujourd'hui contre 44kg en 1950.
   . Trop de sucre industriel (raffiné, blanc): 34 kg contre 25 en 1950.
   . Trop de produits raffinés tout court, les céréales proposées par les industriels aujourd'hui  
    ne contiennent plus que de l'amidon donc du sucre.

En fait toute notre consommation à augmenté, même la quantité de fruits et légumes en réalité, mais il y a fort à parier que ceux qui ont augmenté leur ration de fruits et légumes ne sont pas ceux qui ont augmenté la viande et le sucre...

Alors, comment faire pour se nourrir?
Existe-t-il un modèle autour de nous se rapprochant de l'alimentation naturelle de l'être humain, adapté aussi à notre culture, notre climat tempéré et permettant de conserver notre santé?

OUI ! et c'est loin d'être un scoop...

Un mode d'alimentation a fait ses preuves, même s'il est possible de discuter (pinailler?) quelques points de détail et remplacer (voire supprimer) quelques aliments par d'autres en fonction des convictions ou de ses croyances.
Il reste qu'il est globalement bien équilibré et a fait de nombreux centenaires...

C'est le mode d'alimentation des crétois dont voici les principales caractéristiques:

  • Abondance de fruits et de légumes.

  • Abondance de produits céréaliers COMPLETS

  • Abondance d'ail, d'oignon, d'épices et d'aromates.

  • Utilisation de l'huile d'olive comme corps gras (les huiles de noix et de colza peuvent compléter...)

  • Consommation quotidienne de légumineuses, de noix et de graines.

  • Consommation quotidienne, mais modérée de fromage (chèvre et brebis car l'élevage de vache n'est pas développé en Crète) 

  • Consommation quotidienne, mais modérée, de vin rouge (1 à 2 verres par jour, optionnel bien sur mais intéressant pour les anti-oxydants)  

  • Consommation régulière de poissons, crustacés et coquillages (2 à 3 fois par semaine).

  • Consommation limitée de poulet et d'oeufs (1 à 2 fois par semaine).

  • Consommation limitée d'aliments sucrés (1 à 2 fois par semaine).

  • Consommation très limitée de viande rouge (1 à 2 fois par mois).

Voilà... Sûrement que beaucoup trouveront à redire, il reste que ce mode d'alimentation à fait ses preuves, comme d'ailleurs le mode alimentaire des habitants d'Okinawa, mais peut-être plus difficile à suivre pour nous.
Le reste, n'est souvent que littérature et bataille de clocher pour défendre soit des intérêts économiques, soit des idéologies. 


Bon, il reste un problème, les pesticides dans les plantes, les antibiotiques dans la viande, et les métaux lourds dans le poisson...
L''agriculture a aussi beaucoup changé en 50 ans...
L'utilisation massive des engrais et des pesticides depuis les années 70, mais aussi la création de nouvelles variétés et espèces de blés, de maïs ou de riz pour améliorer les rendements ont modifier la nature même des aliments que nous consommons depuis des millions d'années.

Il est évident que c'est un problème parce que nous consommons aujourd'hui entre 4 et 5 kg de pesticides par an et comme ils n'existent pas dans la nature, notre organisme ne sait pas les traiter.

Quand on se souvient qu'en 10.000 ans nous n'avons pas réussi pour la très grande majorité d'entre nous à nous adapter au lait de vache, ce n'est pas rassurant.

Alors même s'ils ne garantissent pas une teneur nulle en pesticides, préférez autant que possible les produits bio, ou à défaut, ceux prônant une agriculture raisonnée (même si c'est peu vérifiable...) ils en contiennent quand même beaucoup moins...


Pour finir, si l'alimentation de l'être humain n'est pas compliquée à comprendre, sa psychologie et son comportement le sont davantage.
Les conditions de vie en société avec le stress, la recherche de la performance, la course après la montre permanente, bref toute cette pression qu'exerce sur nous la société influe aussi nécessairement sur notre comportement alimentaire.

Manger nous sert sûrement aussi d'exutoire aujourd'hui...